Constat d’échec de la PNH, et après ? – Jmundo

Constat d’échec de la PNH, et après ?

Constat d’échec de la PNH, et après ?

En moins de 24 heures, les deux plus hautes autorités du pays réagissent sur le climat d’insécurité qui y fait rage. Le président Jovenel Moïse et le Premier ministre Joseph Jouthe, chacun en ses mots, reconnait que les conditions sécuritaires se détériorent à travers le pays. L’assassinat par balle d’un bébé de quatre mois dans les bras de sa maman à Fond-Parisien le lundi 3 août 2020 semble troubler la conscience de nos autorités. « Les actes de banditisme perpétrés dans le pays nous attristent tous profondément », confesse le chef de l’Etat. « Je suis très offusqué et aussi indigné de l’incapacité de la police nationale à répondre à sa mission », admet, pour sa part, le chef du gouvernement, également chef du Conseil supérieur de la Police nationale.

Dans ces deux déclarations, on voit deux simples citoyens, pas les deux plus hautes autorités du pays qui sont chargées du bon fonctionnement des institutions. Comme d’habitude, le président Jovenel Moïse a annoncé que des instructions formelles ont été passées aux autorités compétentes pour renforcer les mesures de sécurité. Qui sont ces autorités à qui ces instructions ont été passées ? Quand est-ce qu’on va sentir les retombées de ces nouvelles mesures ? On ne sait pas si on doit prendre le président Jovenel Moïse au mot quand il promet de mettre les bandits hors d’état de nuire. Il a fait tellement de promesses à ce sujet.

Si le chef de l’Etat, dans son tweet, a laissé entendre que des mesures ont été ou vont être adoptées pour garantir la sécurité des vies et des biens, tel n’est pas le cas pour le chef du gouvernement qui met en cause le professionnalisme de la Police nationale d’Haïti. Le Premier ministre constate qu’en dépit de l’acquisition de nouveaux équipements, dont des blindés, la police peine à reprendre le contrôle des quartiers où les gangs armés font la loi.
Après ce constat d’échec, que faut-il attendre des deux chefs de l’exécutif ? Auront-ils le courage de toucher la plaie du doigt? Si la police ne joue pas son rôle, il y a bien des raisons à cela. Au début de son mandat, Jovenel Moïse avait choisi de remobiliser les Forces Armées d’Haïti au détriment du renforcement de la PNH. Aujourd’hui, le pays se retrouve avec deux forces armées bancales sur les bras. L’Armée d’Haïti est restée confinée dans son quartier général récupéré du ministère de la Culture ; la PNH, quant à elle, est visiblement affaiblie et désorganisée. Politisée et minée par des conflits internes, notamment les revendications des policiers pour de meilleures conditions de vie, la police nationale peine à remplir sa mission.

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